Les services d’abonnements de jeux vidéo, bonne ou mauvaise chose ?

débat abonnements jeux vidéo

Ça ne vous a sans doute pas échappé, depuis un certain temps de nombreux éditeurs ont opté pour le service d’abonnement de jeux vidéo. Dans cette nouvelle chronique, nous vous proposons un petit décryptage du pour et du contre d’un sujet donné, pour vous donner une vision globale de la chose. Le but étant de vous permettre de donner votre opinion sur certains sujets, librement et en ayant toutes les informations sous la main.

Le débat de cette fois sera donc focalisé sur les services d’abonnement aux jeux vidéo. Un système qui n’était absolument pas présent il y a quelques années, mais qui commence sérieusement à s’incruster sur nos consoles et PC, depuis un petit moment. Avec l’annonce d’Uplay + à l’E3 2019 ou encore de Square Enix qui souhaiterais mettre lui aussi en place son propre service d’abonnement, les éditeurs semblent de plus en plus intéressés par le fait de proposer un système d’abonnement. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose, ce n’est pas à moi de le dire, cependant, on va voir ensemble le pour et le contre d’un tel système.

Voyons les différentes offres disponibles actuellement :

enquête abonnement jeux vidéo

Tout d’abord au niveau contenu, la quasi-totalité de ces abonnements permettent d’accéder à un catalogue complet de jeux vidéo. En échange d’un abonnement mensuel ou annuel, on peut ainsi accéder et télécharger plusieurs dizaines voire centaines de jeux. On va passer les offres dans le détail, histoire d’avoir un aperçu des ces dernières.

Xbox Game Pass :

  • Disponible sur PC et Xbox One
  • Prix : 10€ sur Xbox One (3,99€ pour la version bêta PC) ou 13€ par mois pour l’offre Ultimate comprenant un abonnement Xbox Live Gold en plus.
  • Catalogue de jeux : Plus d’une centaine, avec de nouveaux arrivants chaque mois (en revanche certains titres, sont retirés).
  • Avantage : Les nouveaux jeux exclusifs de Microsoft sont disponibles à leur sortie.

Origin Access :

  • Disponible sur PC
  • Prix : Formule basic à 4€/mois; 25€/an. Formule Premier à 15€/mois ou 100€/an
  • Catalogue de jeux : 147 jeux dans la formule basic; 154 jeux pour la formule Premier. Le catalogue est évolutif évidemment.
  • Avantages : Pour le Basic, on dispose d’un essai de 10 heures aux dernières nouveautés d’EA et pour le Premier un accès complet aux dernières sorties.

PS Now :

  • Disponible sur PC et PS4
  • Prix : 15€/mois ou 100€/an
  • Catalogue de jeux : Environ 600 jeux PS3 et PS4 confondus
  • Avantage : Pas besoin de télécharger les jeux, ils sont disponibles en streaming.

EA Access :

  • Disponible sur Xbox One et le 24 juillet sur PS4
  • Prix : 4€/mois ou 25€/an
  • Catalogue de jeux : Une cinquantaine de jeux
  • Avantage : Possibilité de tester les nouvelles sorties, avant leur date de sortie officielle.

UPlay+ :

  • Disponible le 3 septembre sur PC
  • Prix : 15€/an
  • Catalogue de jeux : Plus d’une centaine avec l’arrivée des nouvelles sorties directement sur plateforme
  • Avantages : Les éditions premium et DLC sont disponibles au téléchargement des jeux et un essai gratuit est désormais proposé pour ceux qui souhaitent souscrire au service (il faut s’inscrire avant le 15 août pour en bénéficier).

Comme on peut le constater, les prix sont généralement assez proches les uns des autres, et les offres restent relativement identiques. La seule chose qui change ce sont évidemment les jeux, car chaque éditeur propose uniquement les siens bien évidemment. Microsoft et Sony sont donc les seuls, à proposer des offres avec des jeux d’éditeurs divers (mais sans les jeux d’EA et Ubisoft du coup). Le problème que l’on constate rapidement c’est que si l’on veut bénéficier de tous les jeux des différents éditeurs en souscrivant forcément à l’un de ces services, c’est qu’il faut souscrire à plusieurs abonnements simultanément, ce qui fait évidemment grimper la facture à la fin du mois.

Toujours plus d’abonnements :

ps now abonnements jeux à la demande

Cette multiplication des abonnements a évidemment un coût certain sur nos portefeuilles. Puisqu’il ne faut pas oublier que si ces abonnements sont considérés comme étant « optionnels », il n’empêche que certains ne le sont pas du tout comme Internet (qui est justement nécessaire pour bénéficier de ces services d’abonnements) ou les forfaits mobiles. Une donnée à ne pas négliger mine de rien, puisque justement, pour profiter des divers jeux proposés par ces services, on vise davantage une connexion en fibre optique ou en ADSL très haut débit, ce qui coûte en moyenne une trentaine d’euros par mois (voire plus avec l’offre TV).

À cela vient s’ajouter d’autres abonnements que l’on a peut-être déjà souscrits. On pense notamment à Netflix à 8€ par mois pour la plus petite formule, Apple Music ou Spotify qui sont à 10€/mois, les services multijoueur sur consoles Xbox Live Gold et Playstation Plus tous deux à 7€/mois ou encore même un abonnement à Shadow (le PC dans le cloud) qui coûte 30€/mois. Ce sont seulement quelques exemples, mais qui peuvent s’avérer être un charge assez conséquente à la fin du mois, surtout en ajoutant en plus des abonnements à des éditeurs par la suite pour profiter des jeux de ces derniers.

Il faut savoir qu’en moyenne en France, une personne souscrit à 4 ou 5 abonnements mensuels à elle seule (selon une étude de 2016). Ce qui signifie que l’impact sur le budget peut être très largement sous-estimé, en raison d’offres qui paraissent peu chères à première vue. C’est vrai que 10€ n’est pas énorme en soi, cependant si on additionne 10+10+10+20 etc… on arrive rapidement à une cinquantaine voire une centaine d’euros qui partent tous les mois juste pour du divertissement. Pas besoin de calculer à l’année combien ça fait, mais la facture peut être salée.

Utilisons un exemple assez simple, si l’on part du principe que l’on a une offre internet en fibre à 29,99€/mois, un forfait téléphonique à 10€/mois, un abonnement Xbox Live Gold ou PS Plus à 6,99€/mois, un abonnement Netflix à 10,99€/mois (la formule à deux écrans parce que ta chérie aussi veut mater Netflix de temps en temps) et un abonnement à un service de Cloud (parce que c’est pratique) type Google Drive ou iCloud à 2,99€/mois. On arrive à une facture s’élevant à 60,96€ si l’on ajoute à ça un abonnement à un service de jeux à la demande on atteint largement les 70€ ou même presque 80€ par mois juste pour le divertissement. Car c’est bien sans compter les dépenses absolument nécessaires comme, l’assurance voiture (si on a une bagnole), l’abonnement de train/métro/bus, la mutuelle santé etc… Bref, vous avez compris le principe, mais à la fin du mois avec toutes ces dépenses la somme totale dépasse très largement les 100€ par mois.

Ce qui combiné avec un salaire standard (qui est désormais à 1227€ net par mois) peut rapidement s’avérer être un poids assez substantiel. Heureusement, la plupart de ces services ne proposent pas d’engagement, surtout pour les services de Cloud Gaming ou de jeux vidéo. Pour les abonnements internet c’est une autre histoire mais l’engagement à tendance à disparaitre tout de même.

Prenons maintenant un autre exemple, un type lambda qui lui ne souhaite pas souscrire à d’autres services que pour internet et le mobile. Il dispose d’une connexion moyenne qui lui coûte 15€/mois et un forfait téléphonique de 10€/mois comme le précédent. Il n’a pas d’abonnement autres que ces deux là et souhaite acheter la plupart des jeux qui sortent. On part du principe qu’il dispose d’une PS4 et Xbox One et que chaque mois un jeu qui l’intéresse sort. Il devra ainsi débourser au minimum 50 et 60 € pour s’acheter le jeu neuf, le jour de sa sortie. Jusqu’ici, nous sommes d’accord même si il y a rarement des jeux intéressants tous les mois. Si on fait le calcule, chaque mois le monsieur dépense entre 75 à 85€ en fonction du prix du jeu qu’il achète. Ce qui ne fait rien économiser par rapport à l’exemple précédent (il paie même plus cher au final). Néanmoins, il peut partager le jeu avec des proches, ce qui n’est pas possible avec un abonnement lié à un compte et peut même revendre le jeu, s’il ne lui plaît pas puisque le produit lui appartient vraiment. Ce qui n’est évidemment pas le cas, en profitant d’un abonnement. De plus, on peut ajouter que rien ne l’oblige à payer chaque mois à la différence toujours du cas précédent, car si l’on arrête l’abonnement on perd aussi accès aux jeux.

Notons que cet exemple n’est pas valable sur PC, puisque les jeux PC nécessitent des clés d’activation. Donc on ne peut généralement pas les partager avec d’autres joueurs. L’émergence du dématérialisé est d’ailleurs extrêmement présente sur ce support et depuis des années maintenant. Le principal avantage du PC reste donc les prix des jeux, qui sont nettement plus bas que sur consoles (pourquoi ? Ça reste la très grosse question).

Vers un mode de consommation par abonnements ?

C’est une question que l’on peut effectivement nous poser, car on remarque que de plus en plus de choses, sont disponibles en abonnement. Ça a commencé par le streaming de musiques, puis de films et maintenant de jeux vidéo (sans parler des voyages, notamment avec les cartes TGV). Presque tout y passe et d’autres éditeurs ont d’ailleurs fait part de leur souhait de proposer leurs propres services de jeux à la demande (Square Enix pour commencer).

Il est encore difficile de dire ce qui pourrait arriver dans l’avenir mais avec Google Stadia, ou encore Microsoft et sa plateforme xCloud, il semblerait que l’industrie s’oriente vers une stratégie numérique. Doublé d’une tendance à l’abonnement et au service de souscriptions en tous genres. Une tendance qui pourrait bien amener à voir disparaitre les supports physiques, comme les consoles qui pourraient être remplacées par une machine qui fait tourner des jeux dans le Cloud (pas dans l’immédiat évidemment, car les connexions internet ne sont pas encore adaptées) aux utilisateurs qui ont souscrit à un abonnement justement. Il va de soi que les prochaines consoles, la PS5 et la Xbox Scarlet, seront toujours plus orientées vers le digitale. On ne sait pas encore exactement comment se traduira cette orientation, mais l’OS du support devrait avoir subit des évolutions. Pour nous permettre de nous investir davantage sur le web et de nous pousser toujours plus à l’acquisition de jeux en dématérialisé, voire à souscrire à un service de Cloud Gaming (peut-être que Sony a quelque chose dans son placard de ce côté-là pour améliorer le PS Now).

Conclusion :

Comme dans toute enquête il faut une conclusion alors la voici. En soi, l’abonnement n’est pas une mauvaise chose car il est vrai que souscrire un abonnement, à un service de jeux à la demande peut s’avérer utile et nous éviter de dépenser une cinquantaine d’euros pour acheter un nouveau titre. Le problème est qu’il y a beaucoup trop d’offres sur le secteur, ce qui contraint les joueurs qui voudraient profiter des jeux de plusieurs éditeurs, à souscrire à au moins deux services. Ce qui ne manque pas de faire grimper la note tous les mois, comme nous l’avons vu dans l’exemple ci-dessus. De plus, on ne dépense peut-être pas 50 ou 60 euros d’un coup pour faire l’acquisition d’un jeu, cependant, on finit bien par dépenser la somme sur plusieurs mois de souscription.

Qui plus est, avec la multiplication des services disponibles en abonnement (musiques, films, TV etc…) , on peut rapidement se retrouver dépassé par le montant total des souscriptions. En revanche, en ayant pris le temps de réfléchir à quels abonnements, il pourrait être judicieux et avantageux de souscrire, on peut éventuellement faire quelques économies par rapport à l’achat total d’un produit. La chose à ne surtout pas oublier en revanche, c’est qu’on ne peut bénéficier du produit que tant que nous sommes abonnés. Lorsque l’on stoppe l’abonnement on se retrouve sans rien à la fin, car le produit ne nous appartient pas, un point à ne surtout pas oublier. Comme dans toute chose il y a du pour et du contre, il est vrai certains abonnements peuvent être avantageux, mais c’est bien la multiplication de tous les abonnements souscrits qui peuvent finir par nous endetter, ce qui n’est pas à négliger. N’hésitez pas à donner votre propre avis sur le sujet dans les commentaires.

2 commentaires

  1. Pas mal comme chronique j’aime beaucoup ! Je suis assez d’accord avec l’analyse, c’est pas trop mal même si quelques données supplémentaires auraient été appréciées (comme le budget moyen alloué aux services etc…). Pour ma part je trouve que c’est franchement pas terrible les abonnements, car tu paye encore et toujours pour accéder au service sans que rien ne t’appartienne. Donc c’est un mode de consommation éphémère au final, pareil que pour le leasing t’as une voiture que tu paye tous les mois mais finalement la bagnole ne t’appartient jamais à moins de l’acheter en fin de contrat (ce qui n’est pas du tout avantageux).

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    • Yo Kev ! Oui effectivement il manque quelques données, mais c’est parce qu’il y a très peu d’études sérieuses sur le sujet. On a recherché des chiffres précis mais nous n’avons pas trouvé grand-chose si ce n’est le nombre d’abonnement par personne en France. Merci pour ton avis en tout cas qui est constructif.

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